Épisode #66: Viva El Mexico
Viva El Mexico! Creel, Lago Arareco et la Barranca del Cobre
En partant de El Paso, Texas, nous traversons, à peine 2 km plus loin, le pont à péage Zaragoza au-dessus du Rio Grande qui nous fait entrer au Mexique par Ciudad Juarez, une ville populeuse assez bruyante et poussiéreuse dont les rues sont en piètre état à en juger par la voie de contournement que nous prenons. Mais comme Paris n’est pas la France, je n’en fais pas de cas car plusieurs villes frontalières américano-mexicaines telles Tijuana et Juarez sont des villes qui sont surpeuplées, les gens venant de partout au Mexique et en Amérique Centrale et du Sud afin d’avoir l’opportunité d’entrer à « El Norte » (les États-Unis, la terre promise de richesses).
En quelques minutes, nous roulons sur la voie rapide qui nous conduira jusqu’à Chihuahua. La première chose qui me frappe c’est la qualité de la chaussée qui me semble en excellente condition et qui le restera jusqu’à Creel quelques centaines de milles plus loin. Quelques heures plus tard, nous contournons la ville de Chihuahua dans l’État du même nom (3 millions d’habitants) et suivons les indications pour Cuauhtémoc, La Junta (qui abrite plusieurs campos de Ménonites venus d’Allemagne au siècle dernier), San Juanito et Creel.
Après presque 12 heures de conduite, je suis très heureux d’être enfin arrivé à Creel, au cœur de la Barranca del Cobre, appelé Copper Canyon par les Américains à cause de la couleur cuivrée des parois de son très impressionnant canyon, plus profond encore que le Grand Canyon américain. Comme il fait déjà noir à notre arrivée, nous trouvons plus commode de nous arrêter à la station Pemex (Petroleum of Mexico, la seule compagnie d’essence que nous trouverons au Mexique) pour y stationner pour la nuit. Il ne fait pas chaud, la température oscillera sous le point de congélation et le chauffage se fera bien aller toute la nuit : nous sommes à 8,000 pieds d’altitude dans les montagnes de la Sierra Madre Occidentale!Le lendemain matin, c’est la tournée du petit village de Creel qui nous offre son charme et son histoire.
La rue principale, Matéos, nous fera découvrir plusieurs petits commerces des plus intéressants comme le café internet et la Mission du coin sans oublier la pension Margarita où, en entrant directement par la cuisine et la salle de réfectoire, nous serons reçus par la famille de Margarita, la cuisinière s’affairant au souper qui mijote sur les ronds de poêle. Notre délicieux souper complet incluant 2 bières Sol en apéritif nous coûtera la somme mirobolante de 90 pesos (9$)…pour les 2! Plusieurs jeunes couples avec sacs à dos y sont également, probablement attirés par le prix de 250 pesos (25$ US) par jour, par personne, incluant le coucher et 2 repas! La plupart d’ailleurs venant d’arriver par le train en provenance de Los Mochis, 14 heures plus bas au nord de Mazatlàn sur la Mer de Cortez, passant d’élévations pouvant atteindre 12,000 pieds sur une distance de 654 km (406 milles), empruntant au passage 87 tunnels et 39 ponts! Un des points les plus intéressants selon ces jeunes, est El Divisadero, un petit village situé à 40 km de Creel où MoMo, mon fidèle motorisé, nous conduira pour nous faire admirer un spectacle grandiose : la Barranca del Cobre le canyon en personne du haut de ses 7,500 pieds nous salue, majestueux, magnifique!
Divisadero : une vue à couper le souffle!
En revenant du canyon, nous demandons confirmation de notre route pour aller à La Lago de Arareco à un groupe de 5 jeunes avec sacs à dos et tentes marchant le long de la route. Comme ils vont au même endroit et nous demandent de les amener, c’est la rigolade à bord avec ces sympathiques jeunes hommes début vingtaine venant de Ciudad Juarez, Marie baragouinant quelques phrases mi-anglaises-mi-françaises-mi-espagnoles! 5 minutes plus tard, nous savons que nous sommes arrivés car un rocher en forme de tête d’éléphant règne à l’entrée de la barrière nous menant au lac (lago). Le gardien nous laisse entrer pour aller visiter les lieux. Au bout du sentier plutôt rudimentaire, nous voilà devant un ravissant petit lac en forme de fer à cheval. En 2 temps 3 mouvements, on s’installe pour passer le restant de la journée….. et la nuit pour quelques pesos! Et à 10 pieds de l’eau en prime!
Quelques minutes plus tard, MoMo est entouré de plusieurs femmes, jeunes filles et enfants Taramahuri (prononcez raràmuri)-Indiens vivant dans les montagnes environnantes toutes vêtues de leurs costumes traditionnels très colorés.
Ces femmes doivent marcher une heure à travers les montagnes pour venir chercher quelques pesos de subsistance en vendant leurs petits articles et paniers tressés.Là encore, il a fait assez froid durant la nuit car vers 4 heures j’ai vu les jeunes autour d’un gros feu essayant tant bien que mal à se réchauffer malgré leur habillement me semblant assez chaud. Au lever, le démarrage de MoMo se fait en grognement mais réussit tout de même à partir. 15 km dépassé Creel en direction de San Juanito, je m’arrête à un marchand de pneus local (Goodyear) de Bocoyna pour faire vérifier la pression de mes pneus. Un coup fait…….. MoMo refuse de redémarrer! Après discussion avec le préposé et avec l’aide d’un employé de l’école située en face, on se met à la recherche d’un mécanicien pour enlever le démarreur défectueux.
C’est qu’il est plutôt gros ce démarreur de diesel! Une fois fait, me voilà à bord d’un pick-up en compagnie de 2 mexicains en route vers San Juanito avec le fameux démarreur. Après avoir visité quelques endroits, je laisse le marcha (démarreur) à un « taller électrico » qui nous dit que l’intérieur et particulièrement la section des brosses sera refaite pour le lendemain midi pour la somme de 25$. Pour ce montant et connaissant la débrouillardise des mexicains, je prends le risque car mon autre solution serait de commander un nouveau démarreur du Nouveau-Mexique m’obligeant à rester dans le coin quelques jours de plus. Ma seule interrogation : la bobine de l’armature est-elle encore bonne? Elle sent le chauffé. 50-50 selon lui. Bah! on verra bien un coup réinstallé, pas un gros risque finalement! Revenu à Bocoyna, la moto (Ti-Mo) est sortie de son enveloppe et nous voilà de nouveau en route pour Creel passer une partie de la soirée.Vive l’aventure!Amicalement, Pierre et Marie